Tsampéhro et le retour du… »Plumett »!

Dès le départ de l’aventure Tsampéhro, nous avons toujours été soucieux d’agir en harmonie avec notre environnement. Dans ce même esprit, le nouveau millésime qui s’annonce nous permet de lancer une nouvelle étape viticole au Clos de Tsampéhro: le labour des sols ! Le temps des traitements de conforts aux herbicides chimiques devrait bientôt être révolu chez tout vigneron qui se respecte, et c’est tant mieux. Cependant, les alternatives restent pour l’heure peu nombreuses : enherbements, labours ou paillages ont chacun leur lot d’avantages et d’inconvénients. Et dans le climat très sec du Valais Central, avec qui plus est, un terroir si favorable au compactage des terres, le choix est difficile.

La tendance principale en Suisse est à l’enherbement, mais ce dernier pose encore un problème marqué de concurrence hydrique avec la vigne au cœur du climat ultra-sec du Clos de Tsampéhro. De surcroît, rares sont les espèces de plantes vivaces qui peuvent supporter un régime en eau aussi strict que celui là tout au long de l’année. Ainsi, un travail de sélection d’espèces végétales propres à ces contraintes climatiques très spécifiques doit encore être opéré en amont – ce à quoi nous nous attelons, sans toutefois préjuger des résultats…

C’est donc par la réintégration du travail traditionnel des sols que nous entamons notre action. Bien mené, ce désherbage mécanique peut améliorer l’aération du sol, sa structure physique et la pénétration de l’eau. Il favorise l’activité biologique et la vie du sol, améliorant progressivement l’alimentation de la vigne. En coupant les racines superficielles du cep, il force aussi le plant de vigne à s’enraciner en profondeur, lui garantissant ainsi une pérennité et une autonomie accrues. Cependant la configuration accidentée du vignoble rend la tâche longue et difficile, et c’est un véritable travail de forçat – appelé à s’étaler sur plusieurs années – qui démarre pour Joël et son équipe…On oublie jamais comment monter à vélo dit-on, et bien tout valaisan qui a connu le travail à la vigne au siècle dernier, n’oubliera jamais comment faire fonctionner un bon vieux treuil « Plumett ». Joël a donc dû dépoussiérer le sien, et après quelques toussotements, le fameux « Plumett » a repris du service pour tracter – lentement-  le « soc » au cœur des rangs de ceps.

Cultiver les sols, dans le respect de l’environnement et du terroir, les rend plus vivants. Les vins deviennent aussi parallèlement plus frais, plus vifs et plus complexes. Au-delà de l’intérêt écologique, c’est donc aussi une véritable perspective œnologique qui nous anime. Et on se réjouit d’avance de pouvoir partager ces résultats avec vous…dans quelques années !