Escapade piémontaise pour Tsampéhro – Part. 3

La troisième et dernière journée de notre « voyage d’étude » est consacrée exclusivement à Barolo et démarre par une visite au domaine familial d’Aldo Vajra. Depuis sa fondation en 1986, la maison Vajra, située au cœur même de l’appellation  est une véritable référence: Aldo Vajra, après trois décennies de travail acharné et d’investissements successifs cultive aujourd’hui près de 100 hectares de vigne. Passionné de vin depuis son plus jeune âge, il a réussi à transformer la petite exploitation de ses grands-parents en une des locomotives de la région. Écouter Aldo parler de son parcours, c’est tomber instantanément amoureux du Barolo, tellement sa passion pour son métier et sa région est communicative.

L’équipe du domaine comprend également son épouse et leurs trois enfants, Giuseppe, Francesca et Isidoro, tous aussi « habités » que leur père lorsqu’ils vous parlent des différences de terroir entre vallons et vallées et de leur belle philosophie du vin. Les vins proposés sont d »une très grande tenue, et devrait encore pouvoir bénéficier des nouveaux aménagements en cours: sur le plan viticole, le domaine est en effet en pleine effervescence, avec la totalité du vignoble sur le point de basculer dans une approche bio, et sur le plan structurel, d’impressionnants travaux d’agrandissement des espaces de vinification sont en voie de réalisation.

Plusieurs similitudes donc – très humblement – avec nos ambitions au Clos de Tsampéhro, et ce jusque dans la confiance qu’Aldo place également dans la tonnellerie Garbellotto pour ses cuves de vinification en bois. C’est ensuite sa fille Francesca qui se charge de nous faire déguster quelques cuvées, dont cinq crus parcellaires différents de Barolo : Albe, Bricco Viole, Ravera, Baudana et Ceretta. «Dulcis in fundo», avant de quitter la table, un Barolo Chinato nous ramène la vigueur nécessaire pour poursuivre notre balade.

Oups ! changement radical d’ambiance et de philosophie à Cannubi, le lieu-dit le plus célèbre du Barolo, où L’Astemia Pentita a pris ses quartiers. Alors même que cette nouvelle exploitation se définit comme un point de rencontre et d’équilibre entre la tradition des vins de la région et la modernité, il nous apparaît rapidement que le marketing avant-gardiste l’emporte largement à ce stade. L’architecture « caisse de vin » audacieuse de l’espace de vente et de dégustation a, bien entendu, généré une vive polémique entre les deux courants de pensée. Et le packaging et la forme pour le moins originale des flacons ont encore délibérément renforcé le trait.

Nous sommes accueillis par Daniele Mauro (œnologue et chef technique), accompagné de Svetlana Melnichenko (directrice commerciale). Après une visite des installations, nous dégustons une série de vins du Barolo (Terlo et Cannubi), dont certains encore en élevage. Les vins sont fins, précis et travaillés fidèlement à l’esprit de l’appellation. Et c’est paradoxalement au cour de cette visite que nous découvrons une cuvée issue des cépages Arneis et Nascetta, anciennes variétés de raisin blanc, ainsi qu’un joli Dolcetto, qui tous les deux détonnent un peu avec le style futuriste des lieux.

Une pluie soudaine nous contraint à trouver refuge au cœur du village même de Barolo pour déjeuner dans le cadre simple et design du « Winebar Barolo and Friends ». Une halte parfaite pour poursuivre notre apprentissage de la gastronomie régionale et prolonger ce plaisir en compagnie de Lorenzo Corino, un grand homme du vin du Piémont. Au nord de l’Italie, tous les vignerons le connaissent et l’appellent respectueusement : «il Professore ».

En fait, Lorenzo Corino est avant tout un docteur en agronomie et professeur à l’Université d’Asti. Son domaine de recherche principal est la relation plante-sol, ce qui l’a amené très tôt, au début des années 1970 déjà, à conseiller activement les domaines viticoles qui souhaitaient travailler en bio. Mais la famille de Lorenzo a aussi toujours été vigneronne, et partisane de la vinification dans la plus pure tradition «à l’ancienne». Il nous rejoint juste avant de donner une conférence en fin d’après-midi (suite au lancement de son dernier ouvrage sur le vin), et c’est un privilège de pouvoir échanger nos vues avec lui, notamment sur la problématique de l’entretien des sols en Valais. En effet, dans notre volonté de valoriser le terroir et la « notion de terroir », c’est un défi que nous avons choisi de relever dès le départ au Clos de Tsampéhro: s’affranchir progressivement des herbicides et affiner au plus près la symbiose du sol et de la plante. Nous donnons rendez-vous à Lorenzo en terres valaisannes pour un check-up !

Le voyage s’achève avec la visite de la cave d’Enzo Boglietti sur la commune de la Morra. Au cours de la dernière décennie, les frères Boglietti se sont fait connaître comme l’un des domaines phares de la région de La Morra (Langhe, Piémont), en développant un impressionnant portefeuille de cuvées de grande qualité, encensées par la presse internationale. Ce sont donc six cuvées de Barolo de différents terroirs, trois de Barbera, quatre de Langhe sur plusieurs cépages, deux de Dolcetto complétés par une cuvée de Chardonnay et un vin effervescent, que nous dégustons… et parfois même sur plusieurs millésimes…des vins profilés sur le charme et la rondeur, offrant souvent une bouche suave et solaire.

Le chemin du retour se fera au lendemain d’une soirée – sans truffes blanches toutefois – dans la ville d’Alba, avec un chouette dîner à l’Osteria La Libera, durant lequel quelques derniers flacons de Barolo finiront de nous convaincre de la réputation méritée des vins piémontais. Enfin, durant les quelques trois heures de routes qui nous ramène en Suisse, nous engageons le traditionnel grand débriefing pour dégager les enseignements et les pistes à suivre pour faire progresser encore les vins du Clos de Tsampéhro: l’élevage en barrique d’un volume plus généreux que 225l en est une (elles arrivent !) et quelques techniques de gestion des sols en sont d’autres.

Félicitations et « grazie mille » à notre sherpa Michele pour ses « lumières » œnologiques tout au long du voyage et la parfaite organisation de notre séjour !

Escapade piémontaise pour Tsampéhro – Part. 2

Après une bonne nuit de repos à Gattinara, nous prenons la direction de Monferrato et de ses terroirs calcaires. Toujours à la recherche du Graal en matière de vin effervescent, nous commençons par visiter l’exploitation de la famille Cane. Guidé par l’esprit et l’expérience transmise par leur paternel, Marco et Alberto Cane proposent, en effet, une superbe sélection de vins travaillés selon les principes de la méthode traditionnelle.

Alors que l’on se trouve en terrain conquis par le cépage Muscat (pour l’élaboration des fameux « Moscati »), ce sont les variétés propres à la Champagne qui sont mises en avant par le duo: plusieurs cuvées de Pinot Noir et Chardonnay se distinguant par des choix d’assemblages et de dosages très différents (cuvées classique, rosé, blanc de blancs, extra brut, ainsi qu’une cuvée originale sans SO2). La force du domaine réside dans la maitrise complète de la chaine d’élaboration, de la vigne au dégorgeage, et dans une approche originale et haut-de-gamme, se départissant des standards d’une région orientée vers la production de masse. Un bel exemple à suivre pour notre cuvée Extra-Brut !

Après la dégustation, c’est au tour du gel de printemps de s’inviter dans la conversation (nettement ressenti dans la région à l’instar du canton du Valais), pour passer ensuite au fléau de la flavescence dorée sévissant déjà sur le Chardonnay…

Peu après, nous poursuivons notre périple en nous rendant au cœur d’un véritable « écrin viticole » au beau milieu d’une réserve protégée par le WWF. La famille Scaglione produit au «Forteto della Luja» plusieurs nectars réputés à partir de raisins de Muscat passerillés. Nous goutons bien sûr au fameux vin doux « Piasa Rischei » produit en DOC «Loazzolo» : un liquoreux vinifié et élevé pendant deux ans en barriques et offrant un bouquet de pêche, d’abricot et de vanille aux charmes plutôt oxydatifs, une belle découverte ! Puis, on passe sans transition à notre premier Barbera (cuvée «Mon Ross»), puis à un second, «Le Grive», mais assemblé celui-ci à du Pinot Noir… Nous restons marqué par la beauté majestueuse et le calme d’un lieu, où de nombreuses variétés d’orchidées poussent naturellement…

Difficile départ de l’ « oasis » pour une première immersion sur les terres du Nebbiolo, en débutant l’exploration par un déjeuner au cœur même du village de Barbaresco, fief de la Cave coopérative éponyme et de la maison Gaja. Une belle portion de Tajarin à la Trattoria Antica Torre (pâtes très fines aux œufs frais comptant parmi les recettes les plus célèbres du Piémont)  nous remet suffisamment d’aplomb pour rejoindre Luca Cravanzola, officiant à la dite cave coopérative, et suivant en cela les traces de son grand père fondateur.

Très loin du cliché de la production de masse, la coopérative s’est fixée de hautes exigences dans la production de ses vins. Il s’agit à 100% de Nebbiolo sans encavage d’aucun autre cépage et chaque coopérateur s’engage à livrer le 100% de sa propre production de Nebbiolo. En contrepartie, la cinquantaine de vignerons partenaires sont rémunéré selon un judicieux barème de bonus-malus basé sur les propriétés œnologiques du raisin, mais aussi associé aux résultats financiers de la cave. Cette dernière produit ainsi l’équivalent de 500’000 cols, représentant près de 12 % du volume total de Barbaresco produit Dans la région, et par le biais d’un impressionnant outil de travail alliant modernité, espace et technologie.

A la dégustation, les vins des différents terroirs de Barbaresco produits par la maison offrent tous une tenue remarquable et une signature précise (Pora, Pajé, Montestefano).

Pour terminer en beauté cette deuxième journée, nous abordons enfin les terroirs du Barolo avec la visite d’un des plus fameux domaines de l’appellation, à savoir la maison Giacomo Conterno . La famille Conterno jouit d’une réputation incontestée et son histoire est emblématique du développement du Barolo.

Il y a plus d’un siècle déjà, en 1912, la famille mettait en vente ses premiers crus de Riserva. En 1961, Giovanni et Aldo Conterno reprirent l’exploitation de leur père Giacomo, pour se séparer ensuite en raison de leurs divergences sur l’âme originelle du Barolo. Aldo Conterno fonda son propre domaine et Giovanni maintint la ligne « conservatrice » du domaine. En 1976, il réalise un coup de maître en acquérant « Cascina Francia » avec 14 hectares de Nebbiolo et de Barbera. Après son décès en 2004, c’est son plus jeune fils, Roberto, qui prit sa succession…et qui nous reçoit personnellement pour une dégustation sur foudre de quelques-unes de ses meilleures cuvées.

Nous touchons vite au sublime avec sa cuvée Monfortino: un vin monumental et une véritable icône parmi les vins italiens. Il n’est produit que dans les années exceptionnelles et n’est vendu qu’après sept ans au moins d’élevage…grandes émotions ! Pour se remettre…et clôturer cette deuxième journée piémontaise, nous rejoignons la Ciau del Tornavento: un bel édifice des années 1930, où la salle du restaurant s’ouvre comme une scène de théâtre sur un paysage de collines à couper le souffle.

La cuisine de Maurillo, distinguée par une étoile au guide Michelin, et un vrai feu d’artifices de saveurs régionales. Et pour parfaire le tableau, sa cave à vin est impressionnante et propose, sans fausse pudeur, les plus grandes appellations du monde. Nous ne manquons de la visiter et d’y prendre notre apéritif, et nous lançons le défi de convaincre le chef que notre Clos de Tsampéhro devrait pouvoir y trouver une petite place…Ainsi fut fait, et pour ceux qui visiteront ce remarquable établissement à l’avenir, sachez que quelques flacons des vins du Clos de Tsampéhro sont délicatement alignés quelques part derrière les collections de DRC et les vieux millésimes d’Yquem !

Tsampéhro au top !

Une actualité média chargée pour Tsampéhro ces dernières semaines, nous confortant dans l’idée que le savoir-faire et le faire-savoir vont définitivement de pair. La première bonne nouvelle est venue du célèbre et incontournable guide Gault & Millau qui, pour la troisième année consécutive, reconduit Clos de Tsampéhro dans son classement des 100 meilleurs vignerons helvétiques, et au passage, passe d’une couleur rouge vif à un joli jaune lumineux !

Durant le Salon des Vins suisses Vinea à Sierre ensuite, une dégustation de prestige organisée par Paolo Basso (meilleurs sommelier du monde) réunissait une sélection de quinze vins « iconiques » helvétiques. Et à notre grande fierté, l’Edition II du Clos de Tsampéhro rouge (vendanges 2012) figurait dans la liste des élus qu’un panel de dégustateurs avertis allait déguster. Malgré la relative jeunesse de notre aventure (!), ce choix fut pleinement assumé par Paolo Basso, comme il l’explique d’ailleurs dans une interview préalable dans les colonnes du Nouvelliste.

Un beau compte-rendu de cette « Master Class » dédiée aux meilleurs vins suisses est aussi à lire dans le magazine Bilan du 30 août dernier, sous la plume de Chantal de Senger. Entre le mythique Grain Noble de Marie-Thérèse Chappaz et des cuvées de renom signées Denis Mercier, Raymond Paccot, ou encore Daniel Gantenbein, les vins du Clos de Tsampéhro semblent s’être frayé un petit espace…

C’est ensuite au tour du rédacteur en chef du magazine Vinum, Thomas Vaterlaus, de nous reconduire dans sa sélection des meilleurs domaines viticoles de Suisse ! Déjà présent dans sa première édition couvrant les années 2015/2016, nous sommes très honorés d’être à nouveau associé au top des domaines helvétiques. Merci !

Et on termine notre petite « revue de presse » par notre heureuse participation à une présentation des cuvées suisses d’exceptions au club très select des Masters of Wine, accueillis en délégation durant leur séjour-découverte en terres helvétiques. Ainsi, 24 experts du monde entier titrés de ce diplôme connu pour être le plus élitiste du monde du vin, ont parcouru les principales régions viticoles de Suisse chaperonnés par Jean-Marc Amez-Droz, directeur de Swiss Wine. Leur halte en Valais leur ont permis de déguster à deux reprises les Dégustations, master class et bonne compagnie…crus du Clos de Tsampéhro: une première fois au Château de Villa dans le cadre d’une séance autour des cépages rares animée par le Dr. José Vouillamoz, en découvrant en avant-première « officielle » notre premier millésime du Completer 2014 (qui  a visiblement conquis l’assemblée en se positionnant comme le coup de cœur de la série présentée), et une seconde fois, en compagnie d’un collège de vignerons valaisans triés sur le volet, qui s’est réuni au tout nouvel espace de dégustation des Celliers de Sion, pour un « Walk Around Tasting« . Chacun a ainsi pu faire valoir son savoir-faire auprès des 24 Masters of Wine durant près de trois heures…et à cette occasion, l’équipe du Tsampéhro leur a proposé le Clos de Tsampéhro Blanc V (vendanges 2015) et le Clos de Tsampéhro Rouge II (vendanges 2012) avec un très joli succès en retour.

Réception des Masters of Wine aux Celliers de Sion

Voilà…Il ne nous reste plus qu’à faire toujours aussi bien, voire mieux encore on l’espère, pour continuer de mériter cette reconnaissance parmi les grands vins suisses !

Un chouette Dimanche Matin pour Tsampéhro !

Quel bonheur de découvrir cette pleine page consacrée aux vins du Clos de Tsampéhro dans le dernier Matin Dimanche ! Son auteur, Isabelle Bratschi, retranscrit habilement l’esprit d’excellence – mâtiné d’une bonne dose de convivialité – qui nous anime depuis le début de cette belle aventure (l’article complet en PDF).

P.S.: les septièmes vendanges au Clos ont démarré…

Escapade piémontaise – Jour 1

C’est devenu une tradition depuis la renaissance du Clos de Tsampéhro, mais c’est aussi et surtout un bel effort de formation continue: chaque année avant l’été, notre quatuor part en voyage d’étude ! Ceux-ci nous permettent à chaque fois de découvrir d’autres façons de vivre et de penser bien sûr, mais aussi d’autres manières d’envisager la vigne et le vin. Après le Bordelais, la Champagne, la Bourgogne et la Vallée du Rhône, les tsampéhristes ont jeté leur dévolu cette année sur les fascinantes terres du Piémont.

Et pour que cette expédition bachique révèle toute la richesse de cette région et de ses multiples appellations, il nous fallait un guide de très haut niveau, à même de nous concocter un programme d’exception: l’affaire fut vite réglée en la personne de Michele Caimotto, originaire de la région et ex-chef sommelier de renom en Suisse, et qui œuvre dorénavant comme consultant par le biais de sa société Wine Rose.

C’est donc à l’aube et en sa compagnie que nous avons pris la route vers l’Italie, pour vivre une première journée d’exploration axée sur le Nebbiolo – évidemment – mais surtout sur les sols volcaniques du Nord Piémont (2800 ha). Première rencontre, à Masserano, avec Cristiano Garella, qui œuvre comme œnologue-consultant auprès de nombreux vignerons sur l’appellation Bramaterra.

Il nous reçoit d’abord au cœur de son propre vignoble, couvrant une surface de 8 ha et produisant des crus Bramaterra, Coste della Sesia et Lessona. L’appellation Bramaterra se caractérise par des assemblages de Nebbiolo, Vespolina et Croatina et offre des vignobles où les cépages se côtoient et se mélangent allègrement. L’enherbement y est quasi généralisé et permet ainsi de limiter l’érosion des sols et de composer avec une pluviométrie plutôt généreuse.

Nous rejoignons ensuite la cave pour goûter des vins en élevage (Nebbiolo 2015, Croatina 2015 et Vespolina 2015) suivis de quelques flacons de Bramaterra «Le Pianelle » (2011, 2013, 2014) et de Bramaterra « Colombera e Garella » (2012). Cette dégustation confirme pleinement le potentiel, si ce n’est déjà la valeur de notre hôte, qui compte, à tout juste 30 ans, parmi les meilleurs experts du Haut-Piémont.

Après une pause gourmande à Cossato, nous prenons la route vers les terroirs de Boca pour découvrir d’autres cépages autochtones, toujours vinifiés en méthode traditionnelle. Nous sommes accueillis au pied de l’impressionnant sanctuaire de Boca par Silvia Barbaglia de l’Azienda Vitivinicola Barbaglia, à Cavallirio. Silvia nous détaille la complexité géologique des sols sédimentaires de l’appellation, construits par ruissellement des eaux du glacier situé au pieds du Monte Fenera.

Ce régime fluvial est responsable de l’apport de bloc rocheux issus du Monte Rosa (oui, oui, le Mont-Rose, le même que nous). Il a largement influencé la formation des appellations Fara, Ghemme et Sizzano toutes proches. Pourtant, située au nord du Haut Piémont, à deux pas de ce trio, Boca a géologiquement davantage à voir avec ses voisines situées à l’Ouest de la Sesia (comme Gattinara et Bramaterra). La parenté vient notamment de sols maigres, peu structurés, « squelettiques » dit-on parfois ici, ainsi que d’un sous-sol constitué de porphyre (brun / ferrique). Dans l’ensemble, ses vignobles situés à des altitudes comprises entre 400m et 500m, et encerclés de forêts d’acacias, sont très acides et nécessitent ainsi l’apport de chaux deux fois par an.

La DOC Boca fut créée en 1969, et s’étend au-delà de Boca, sur les communes de Maggiora, Cavallirio, Prato Sesia et Grignasco. La superficie plantée en vignes est seulement d’environ 13 ha, sur 30 délimités ! Les encépagements, pour avoir droit à l’appellation, s’articulent autour de 45 à 70% de Nebbiolo, de 20 à 40% de Vespolina, et au maximum de 20% d’Uva rara…

De retour à la cave, nous découvrons avec plaisir les subtilités du cépage Erbaluce vinifié en vin effervescent et déclinés en plusieurs dosages. Silvia nous propose aussi de déguster quelques créations tranquilles en monocépages issus des plants Vespolina et Croatina. Après avoir pris congé de notre charmante hôtesse, nous partons pour une rencontre d’exception chez Christoph Künzli du domaine Le Piane. Parti il y a plus de vingt ans de sa Suisse natale, ce passionné de l’appellation Boca s’est enthousiasmé dans les années 90 pour ce terroir « oublié », au point d’y reprendre l’emblématique petit vignoble du Signore Cerri, et d’y entreprendre, avec un très grand respect, une progressive replantation des cépages locaux.

Vingt ans plus tard, le résultat est là: maintien des ancestrales et extraordinaires techniques de taille – « maggiorina » – et surtout des vins authentiques et de très belles tenues. Une généreuse dégustation sur fûts, suivie de quelques flacons plus matures au cœur du chai, termine de nous convaincre. Le choix de Christoph de procéder à de longues macérations jusqu’à 30, voire 40 jours, nous conforte également dans notre protocole de vinification du Tsampéhro Rouge.

La soirée se termine par un sympathique souper dans la petite ville de Gattinara, à la découverte de la cuisine piemontaise de l’Osteria La Brioska, tout en dégustant une sélection de flacons du terroir calcaire de Ghemme, que Michele a concoctée spécialement pour nous et qu’il nous commente avec son enthousiasme latin. Dur dur les études…

Derniers jours pour les pré-commandes de l’Édition V…

Les crus de notre cinquième récolte (Édition V) seront bientôt mis sous verre. Ce millésime 2015 restera, en Suisse, parmi les plus remarquables de ce début de 21ème siècle et les vins révèlent déjà un potentiel énorme. Cependant, du fait des faibles rendements du millésime caniculaire et face à une demande en constante croissance, des quantités malheureusement limitées de flacons seront de nouveau disponibles…

Peut-être avez-vous déjà effectué votre réservation directement à la cave ou sur notre site ?

Si ce n’est pas encore fait et que vous souhaitez vous garantir une petite allocation de cette nouvelle édition (tout en profitant de nos conditions spéciales de pré-commande!), il ne vous reste que quelques jours pour nous transmettre votre réservation via notre formulaire de commande online. Après le 30 juin 2017, les tarifs standards seront applicables…et la disponibilité ne sera plus assurée.

Faites passer le message à votre entourage ! Une grande partie est déjà réservée par nos partenaires restaurateurs et cavistes, ainsi que par nos plus fidèles aficionados.

L’automne prochain sera aussi pour nous l’occasion de vous faire découvrir un quatrième vin dans notre gamme – un 100% Completer valaisan – dont seuls 300 flacons seront tirés de l’unique barrique de la récolte 2014. Après trois années d’un élevage particulièrement soigné, ce vin blanc à la fois élégant, puissant et tendu, nous offre la promesse de magnifiques sensations et d’une expérience bachiques hors des sentiers battus.

Offre spéciale en précommande (valable jusqu’au 30 juin 2017) : 

  • La bouteille de Clos de Tsampéhro « Completer » 2014 à Fr. 98.- (seuls 300 flacons produits)
  • Le coffret bois de 3 bouteilles de Clos de Tsampéhro (1 Blanc (V), 1 Rouges (V) et 1 Extra Brut (IV)) à Fr. 149.- (au lieu de Fr. 161-)
  • Le carton de 6 bouteilles de Clos de Tsampéhro Extra Brut (IV) à Fr. 199.- (au lieu de Fr. 228.-)
  • La caisse bois de 6 bouteilles de Clos de Tsampéhro Blanc (V) à Fr. 239.- (au lieu de Fr. 264.-)
  • La caisse bois de 6 bouteilles de Clos de Tsampéhro Rouge (V) à Fr. 419.- (au lieu de Fr. 474.-)
  • Le magnum de Clos de Tsampéhro Rouge (V) en caisse bois à Fr. 149.- (au lieu de Fr. 169.-)
  • L’assortiment de 18 bouteilles de Clos de Tsampéhro (6 Blanc (V), 6 Rouges (V) et 6 Extra Brut (IV))  à Fr. 829.- (au lieu de Fr. 966.-)

(livraison franco-domicile en Suisse dès Fr. 500.- de commande; les prix départ cave des vins du Clos de Tsampéhro sont fixés à Fr. 79.- l’unité pour le Tsampéhro Rouge, Fr. 44.- l’unité pour le Tsampéhro Blanc et Fr. 38.- l’unité pour le Tsampéhro Extra Brut).

Froid…et chaud au coeur pour Tsampéhro !

La saison avait démarré très tôt cette année, confortée par un début de printemps quasi estival (voir notre post «  C’est parti pour la…septième !  « ). C’était sans compter sur un sévère rappel à l’ordre de Dame Nature qui, décidément, n’en fait qu’à sa tête !

Dans de nombreuses régions d’Europe, de Suisse et particulièrement en Valais, les nuits des deux dernières semaines ont mis le moral (et le sommeil…) des vignerons à rude épreuve. Ils ont dû affronter des températures négatives à plusieurs reprises, causant de terribles dégâts de « gel noir » sur les jeunes pousses.

Par ce post, nous souhaitions vivement remercier toutes les personnes qui, par leurs nombreux messages, se sont inquiétées des conséquences du gel pour le Clos de Tsampéhro.

Même si le danger reste encore d’actualité pour les prochains jours, nous avons été très privilégié de constater, qu’à ce stade, seul 5 à 10 % des ceps du Clos sont touchés. Ce n’est pas agréable, certes, mais c’est si peu par rapport à bon nombre de collègues de la région qui déplorent parfois jusqu’à 80% de dégâts sur leur domaine…Nous les assurons de notre solidarité et de notre amitié pour traverser cette mauvaise passe.