Tsampéhristes…Heureux et tristes !

Heureux d’avoir vécu, ce lundi, notre journée de lancement pour les professionnels de l’Édition V (vendanges 2015) avec une belle participation et des commentaires élogieux sur nos vins. Non seulement c’est un millésime exceptionnel qui a été proposé à la dégustation et à la vente, mais il a été accompagné de la présentation du dernier né de la famille des vins du Clos de Tsampéhro: notre première cuvée de Completer (vendanges 2014) ! De nombreux grands chefs, sommeliers, cavistes, médias et critiques de l’Helvetovino étaient de la partie, et sont restés après les travaux pratiques pour partager une sympathique dégustation de quatre…fondues avec l’équipe au complet.

Tristes toutefois, d’avoir informé le même jour nos partenaires commerciaux qu’Emmanuel Charpin – notre Directeur Commercial depuis cinq ans – allait devoir prendre quelques distances d’avec le Clos de Tsampéhro. En effet, Emmanuel qui s’était engagé à accompagner notre aventure durant les premiers millésimes – et à tenu promesse ! – tout en poursuivant en parallèle d’autres activités liés à l’univers du vin, va bientôt rejoindre l’équipe de Direction du Château de Villa à Sierre. Cela ne représente en fait qu’une continuité dans son parcours professionnel, puisque Emmanuel nous avait rejoint après avoir déjà officié cinq ans comme responsable de l’œnothèque du Château de Villa, et y avait conservé de nombreux mandats ces dernières années. Dès le début de l’année prochaine, Emmanuel va donc concentrer l’essentiel de son action auprès de cette quasi-institution valaisanne, où il rejoindra l’équipe du nouveau Directeur, Yannick Tenud…qui n’est autre d’ailleurs que le frère de Vincent Tenud, notre Tsampéhriste œnologue !

Le Château de Villa œuvrant cependant à la notoriété de l’ensemble des vins et des producteurs du Valais, il aurait été inconvenant qu’Emmanuel, dans ces nouvelles fonctions, reste directement attaché à l’un d’entre eux, en occurrence le Clos de Tsampéhro. Il est donc compréhensible, mais triste pour nous, qu’Emmanuel doivent s’affranchir de notre aventure, tout en demeurant à l’avenir, comme il le dit lui même, le meilleur ambassadeur de cœur de nos vins ! Emmanuel a vibré pour Tsampéhro, a fait vibrer le projet Tsampéhro et nous a fait vibrer, nous Tsampéhristes, amis et clients du projet, par ses larges connaissances œnologiques et, par dessus tout, par sa passion communicative du vin. Nous lui souhaitons, avec toute notre amitié, le meilleur pour la suite !

Sa dernière mission avant son départ, toutefois, sera la mise en orbite de notre nouveau Directeur Commercial – ou plutôt Directrice Commerciale ! – puisque nous avons la grande chance d’accueillir dans notre société, à compter du 1er décembre prochain, Johanna Dayer. Johanna est diplômée de l’École Hôtelière de Lausanne et a obtenu un Master en marketing digital auprès de l’institut CREA, à Genève. Elle est aussi candidate à l’obtention du sésame ultime des professions du vin – le titre rare et convoité de Master of Wine – pour lequel elle continuera de se préparer quelques années en parallèle de ses fonctions au Clos de Tsampéhro. Ces dernières années, Johanna Dayer a également travaillé pour l’entreprise Provins en Valais, en œuvrant de manière importante au marketing et à la commercialisation de la gamme de vin de prestige Electus. Jeune passionaria du vin, avec – déjà – une impressionnante connaissance des multiples facettes de ses métiers, Johanna va nous aider à progresser encore dans notre quête de l’absolu bachique ! Emmanuel et Johanna contacteront prochainement chacun de nos partenaires pour assurer une transition douce.

Un autre renfort de qualité a également rejoint, il y a quelques semaines, les équipes de la Cave La Romaine et du Clos de Tsampéhro, puisque la meilleure apprentie formée au sein de l’administration cantonale valaisanne, Angélique Délèze, épaule dorénavant à la cave notre œnologue Vincent. La jeune résidente de Réchy vient juste de boucler quatre années d’études et de pratique au Domaine du Grand-Brûlé de Leytron avec un double certificat de compétences en poche, celui de viticultrice et de caviste.

Vive les femmes du vin !

Escapade piémontaise pour Tsampéhro – Part. 3

La troisième et dernière journée de notre « voyage d’étude » est consacrée exclusivement à Barolo et démarre par une visite au domaine familial d’Aldo Vajra. Depuis sa fondation en 1986, la maison Vajra, située au cœur même de l’appellation  est une véritable référence: Aldo Vajra, après trois décennies de travail acharné et d’investissements successifs cultive aujourd’hui près de 100 hectares de vigne. Passionné de vin depuis son plus jeune âge, il a réussi à transformer la petite exploitation de ses grands-parents en une des locomotives de la région. Écouter Aldo parler de son parcours, c’est tomber instantanément amoureux du Barolo, tellement sa passion pour son métier et sa région est communicative.

L’équipe du domaine comprend également son épouse et leurs trois enfants, Giuseppe, Francesca et Isidoro, tous aussi « habités » que leur père lorsqu’ils vous parlent des différences de terroir entre vallons et vallées et de leur belle philosophie du vin. Les vins proposés sont d »une très grande tenue, et devrait encore pouvoir bénéficier des nouveaux aménagements en cours: sur le plan viticole, le domaine est en effet en pleine effervescence, avec la totalité du vignoble sur le point de basculer dans une approche bio, et sur le plan structurel, d’impressionnants travaux d’agrandissement des espaces de vinification sont en voie de réalisation.

Plusieurs similitudes donc – très humblement – avec nos ambitions au Clos de Tsampéhro, et ce jusque dans la confiance qu’Aldo place également dans la tonnellerie Garbellotto pour ses cuves de vinification en bois. C’est ensuite sa fille Francesca qui se charge de nous faire déguster quelques cuvées, dont cinq crus parcellaires différents de Barolo : Albe, Bricco Viole, Ravera, Baudana et Ceretta. «Dulcis in fundo», avant de quitter la table, un Barolo Chinato nous ramène la vigueur nécessaire pour poursuivre notre balade.

Oups ! changement radical d’ambiance et de philosophie à Cannubi, le lieu-dit le plus célèbre du Barolo, où L’Astemia Pentita a pris ses quartiers. Alors même que cette nouvelle exploitation se définit comme un point de rencontre et d’équilibre entre la tradition des vins de la région et la modernité, il nous apparaît rapidement que le marketing avant-gardiste l’emporte largement à ce stade. L’architecture « caisse de vin » audacieuse de l’espace de vente et de dégustation a, bien entendu, généré une vive polémique entre les deux courants de pensée. Et le packaging et la forme pour le moins originale des flacons ont encore délibérément renforcé le trait.

Nous sommes accueillis par Daniele Mauro (œnologue et chef technique), accompagné de Svetlana Melnichenko (directrice commerciale). Après une visite des installations, nous dégustons une série de vins du Barolo (Terlo et Cannubi), dont certains encore en élevage. Les vins sont fins, précis et travaillés fidèlement à l’esprit de l’appellation. Et c’est paradoxalement au cour de cette visite que nous découvrons une cuvée issue des cépages Arneis et Nascetta, anciennes variétés de raisin blanc, ainsi qu’un joli Dolcetto, qui tous les deux détonnent un peu avec le style futuriste des lieux.

Une pluie soudaine nous contraint à trouver refuge au cœur du village même de Barolo pour déjeuner dans le cadre simple et design du « Winebar Barolo and Friends ». Une halte parfaite pour poursuivre notre apprentissage de la gastronomie régionale et prolonger ce plaisir en compagnie de Lorenzo Corino, un grand homme du vin du Piémont. Au nord de l’Italie, tous les vignerons le connaissent et l’appellent respectueusement : «il Professore ».

En fait, Lorenzo Corino est avant tout un docteur en agronomie et professeur à l’Université d’Asti. Son domaine de recherche principal est la relation plante-sol, ce qui l’a amené très tôt, au début des années 1970 déjà, à conseiller activement les domaines viticoles qui souhaitaient travailler en bio. Mais la famille de Lorenzo a aussi toujours été vigneronne, et partisane de la vinification dans la plus pure tradition «à l’ancienne». Il nous rejoint juste avant de donner une conférence en fin d’après-midi (suite au lancement de son dernier ouvrage sur le vin), et c’est un privilège de pouvoir échanger nos vues avec lui, notamment sur la problématique de l’entretien des sols en Valais. En effet, dans notre volonté de valoriser le terroir et la « notion de terroir », c’est un défi que nous avons choisi de relever dès le départ au Clos de Tsampéhro: s’affranchir progressivement des herbicides et affiner au plus près la symbiose du sol et de la plante. Nous donnons rendez-vous à Lorenzo en terres valaisannes pour un check-up !

Le voyage s’achève avec la visite de la cave d’Enzo Boglietti sur la commune de la Morra. Au cours de la dernière décennie, les frères Boglietti se sont fait connaître comme l’un des domaines phares de la région de La Morra (Langhe, Piémont), en développant un impressionnant portefeuille de cuvées de grande qualité, encensées par la presse internationale. Ce sont donc six cuvées de Barolo de différents terroirs, trois de Barbera, quatre de Langhe sur plusieurs cépages, deux de Dolcetto complétés par une cuvée de Chardonnay et un vin effervescent, que nous dégustons… et parfois même sur plusieurs millésimes…des vins profilés sur le charme et la rondeur, offrant souvent une bouche suave et solaire.

Le chemin du retour se fera au lendemain d’une soirée – sans truffes blanches toutefois – dans la ville d’Alba, avec un chouette dîner à l’Osteria La Libera, durant lequel quelques derniers flacons de Barolo finiront de nous convaincre de la réputation méritée des vins piémontais. Enfin, durant les quelques trois heures de routes qui nous ramène en Suisse, nous engageons le traditionnel grand débriefing pour dégager les enseignements et les pistes à suivre pour faire progresser encore les vins du Clos de Tsampéhro: l’élevage en barrique d’un volume plus généreux que 225l en est une (elles arrivent !) et quelques techniques de gestion des sols en sont d’autres.

Félicitations et « grazie mille » à notre sherpa Michele pour ses « lumières » œnologiques tout au long du voyage et la parfaite organisation de notre séjour !

Escapade piémontaise pour Tsampéhro – Part. 2

Après une bonne nuit de repos à Gattinara, nous prenons la direction de Monferrato et de ses terroirs calcaires. Toujours à la recherche du Graal en matière de vin effervescent, nous commençons par visiter l’exploitation de la famille Cane. Guidé par l’esprit et l’expérience transmise par leur paternel, Marco et Alberto Cane proposent, en effet, une superbe sélection de vins travaillés selon les principes de la méthode traditionnelle.

Alors que l’on se trouve en terrain conquis par le cépage Muscat (pour l’élaboration des fameux « Moscati »), ce sont les variétés propres à la Champagne qui sont mises en avant par le duo: plusieurs cuvées de Pinot Noir et Chardonnay se distinguant par des choix d’assemblages et de dosages très différents (cuvées classique, rosé, blanc de blancs, extra brut, ainsi qu’une cuvée originale sans SO2). La force du domaine réside dans la maitrise complète de la chaine d’élaboration, de la vigne au dégorgeage, et dans une approche originale et haut-de-gamme, se départissant des standards d’une région orientée vers la production de masse. Un bel exemple à suivre pour notre cuvée Extra-Brut !

Après la dégustation, c’est au tour du gel de printemps de s’inviter dans la conversation (nettement ressenti dans la région à l’instar du canton du Valais), pour passer ensuite au fléau de la flavescence dorée sévissant déjà sur le Chardonnay…

Peu après, nous poursuivons notre périple en nous rendant au cœur d’un véritable « écrin viticole » au beau milieu d’une réserve protégée par le WWF. La famille Scaglione produit au «Forteto della Luja» plusieurs nectars réputés à partir de raisins de Muscat passerillés. Nous goutons bien sûr au fameux vin doux « Piasa Rischei » produit en DOC «Loazzolo» : un liquoreux vinifié et élevé pendant deux ans en barriques et offrant un bouquet de pêche, d’abricot et de vanille aux charmes plutôt oxydatifs, une belle découverte ! Puis, on passe sans transition à notre premier Barbera (cuvée «Mon Ross»), puis à un second, «Le Grive», mais assemblé celui-ci à du Pinot Noir… Nous restons marqué par la beauté majestueuse et le calme d’un lieu, où de nombreuses variétés d’orchidées poussent naturellement…

Difficile départ de l’ « oasis » pour une première immersion sur les terres du Nebbiolo, en débutant l’exploration par un déjeuner au cœur même du village de Barbaresco, fief de la Cave coopérative éponyme et de la maison Gaja. Une belle portion de Tajarin à la Trattoria Antica Torre (pâtes très fines aux œufs frais comptant parmi les recettes les plus célèbres du Piémont)  nous remet suffisamment d’aplomb pour rejoindre Luca Cravanzola, officiant à la dite cave coopérative, et suivant en cela les traces de son grand père fondateur.

Très loin du cliché de la production de masse, la coopérative s’est fixée de hautes exigences dans la production de ses vins. Il s’agit à 100% de Nebbiolo sans encavage d’aucun autre cépage et chaque coopérateur s’engage à livrer le 100% de sa propre production de Nebbiolo. En contrepartie, la cinquantaine de vignerons partenaires sont rémunéré selon un judicieux barème de bonus-malus basé sur les propriétés œnologiques du raisin, mais aussi associé aux résultats financiers de la cave. Cette dernière produit ainsi l’équivalent de 500’000 cols, représentant près de 12 % du volume total de Barbaresco produit Dans la région, et par le biais d’un impressionnant outil de travail alliant modernité, espace et technologie.

A la dégustation, les vins des différents terroirs de Barbaresco produits par la maison offrent tous une tenue remarquable et une signature précise (Pora, Pajé, Montestefano).

Pour terminer en beauté cette deuxième journée, nous abordons enfin les terroirs du Barolo avec la visite d’un des plus fameux domaines de l’appellation, à savoir la maison Giacomo Conterno . La famille Conterno jouit d’une réputation incontestée et son histoire est emblématique du développement du Barolo.

Il y a plus d’un siècle déjà, en 1912, la famille mettait en vente ses premiers crus de Riserva. En 1961, Giovanni et Aldo Conterno reprirent l’exploitation de leur père Giacomo, pour se séparer ensuite en raison de leurs divergences sur l’âme originelle du Barolo. Aldo Conterno fonda son propre domaine et Giovanni maintint la ligne « conservatrice » du domaine. En 1976, il réalise un coup de maître en acquérant « Cascina Francia » avec 14 hectares de Nebbiolo et de Barbera. Après son décès en 2004, c’est son plus jeune fils, Roberto, qui prit sa succession…et qui nous reçoit personnellement pour une dégustation sur foudre de quelques-unes de ses meilleures cuvées.

Nous touchons vite au sublime avec sa cuvée Monfortino: un vin monumental et une véritable icône parmi les vins italiens. Il n’est produit que dans les années exceptionnelles et n’est vendu qu’après sept ans au moins d’élevage…grandes émotions ! Pour se remettre…et clôturer cette deuxième journée piémontaise, nous rejoignons la Ciau del Tornavento: un bel édifice des années 1930, où la salle du restaurant s’ouvre comme une scène de théâtre sur un paysage de collines à couper le souffle.

La cuisine de Maurillo, distinguée par une étoile au guide Michelin, et un vrai feu d’artifices de saveurs régionales. Et pour parfaire le tableau, sa cave à vin est impressionnante et propose, sans fausse pudeur, les plus grandes appellations du monde. Nous ne manquons de la visiter et d’y prendre notre apéritif, et nous lançons le défi de convaincre le chef que notre Clos de Tsampéhro devrait pouvoir y trouver une petite place…Ainsi fut fait, et pour ceux qui visiteront ce remarquable établissement à l’avenir, sachez que quelques flacons des vins du Clos de Tsampéhro sont délicatement alignés quelques part derrière les collections de DRC et les vieux millésimes d’Yquem !

Un chouette Dimanche Matin pour Tsampéhro !

Quel bonheur de découvrir cette pleine page consacrée aux vins du Clos de Tsampéhro dans le dernier Matin Dimanche ! Son auteur, Isabelle Bratschi, retranscrit habilement l’esprit d’excellence – mâtiné d’une bonne dose de convivialité – qui nous anime depuis le début de cette belle aventure (l’article complet en PDF).

P.S.: les septièmes vendanges au Clos ont démarré…

Escapade piémontaise – Jour 1

C’est devenu une tradition depuis la renaissance du Clos de Tsampéhro, mais c’est aussi et surtout un bel effort de formation continue: chaque année avant l’été, notre quatuor part en voyage d’étude ! Ceux-ci nous permettent à chaque fois de découvrir d’autres façons de vivre et de penser bien sûr, mais aussi d’autres manières d’envisager la vigne et le vin. Après le Bordelais, la Champagne, la Bourgogne et la Vallée du Rhône, les tsampéhristes ont jeté leur dévolu cette année sur les fascinantes terres du Piémont.

Et pour que cette expédition bachique révèle toute la richesse de cette région et de ses multiples appellations, il nous fallait un guide de très haut niveau, à même de nous concocter un programme d’exception: l’affaire fut vite réglée en la personne de Michele Caimotto, originaire de la région et ex-chef sommelier de renom en Suisse, et qui œuvre dorénavant comme consultant par le biais de sa société Wine Rose.

C’est donc à l’aube et en sa compagnie que nous avons pris la route vers l’Italie, pour vivre une première journée d’exploration axée sur le Nebbiolo – évidemment – mais surtout sur les sols volcaniques du Nord Piémont (2800 ha). Première rencontre, à Masserano, avec Cristiano Garella, qui œuvre comme œnologue-consultant auprès de nombreux vignerons sur l’appellation Bramaterra.

Il nous reçoit d’abord au cœur de son propre vignoble, couvrant une surface de 8 ha et produisant des crus Bramaterra, Coste della Sesia et Lessona. L’appellation Bramaterra se caractérise par des assemblages de Nebbiolo, Vespolina et Croatina et offre des vignobles où les cépages se côtoient et se mélangent allègrement. L’enherbement y est quasi généralisé et permet ainsi de limiter l’érosion des sols et de composer avec une pluviométrie plutôt généreuse.

Nous rejoignons ensuite la cave pour goûter des vins en élevage (Nebbiolo 2015, Croatina 2015 et Vespolina 2015) suivis de quelques flacons de Bramaterra «Le Pianelle » (2011, 2013, 2014) et de Bramaterra « Colombera e Garella » (2012). Cette dégustation confirme pleinement le potentiel, si ce n’est déjà la valeur de notre hôte, qui compte, à tout juste 30 ans, parmi les meilleurs experts du Haut-Piémont.

Après une pause gourmande à Cossato, nous prenons la route vers les terroirs de Boca pour découvrir d’autres cépages autochtones, toujours vinifiés en méthode traditionnelle. Nous sommes accueillis au pied de l’impressionnant sanctuaire de Boca par Silvia Barbaglia de l’Azienda Vitivinicola Barbaglia, à Cavallirio. Silvia nous détaille la complexité géologique des sols sédimentaires de l’appellation, construits par ruissellement des eaux du glacier situé au pieds du Monte Fenera.

Ce régime fluvial est responsable de l’apport de bloc rocheux issus du Monte Rosa (oui, oui, le Mont-Rose, le même que nous). Il a largement influencé la formation des appellations Fara, Ghemme et Sizzano toutes proches. Pourtant, située au nord du Haut Piémont, à deux pas de ce trio, Boca a géologiquement davantage à voir avec ses voisines situées à l’Ouest de la Sesia (comme Gattinara et Bramaterra). La parenté vient notamment de sols maigres, peu structurés, « squelettiques » dit-on parfois ici, ainsi que d’un sous-sol constitué de porphyre (brun / ferrique). Dans l’ensemble, ses vignobles situés à des altitudes comprises entre 400m et 500m, et encerclés de forêts d’acacias, sont très acides et nécessitent ainsi l’apport de chaux deux fois par an.

La DOC Boca fut créée en 1969, et s’étend au-delà de Boca, sur les communes de Maggiora, Cavallirio, Prato Sesia et Grignasco. La superficie plantée en vignes est seulement d’environ 13 ha, sur 30 délimités ! Les encépagements, pour avoir droit à l’appellation, s’articulent autour de 45 à 70% de Nebbiolo, de 20 à 40% de Vespolina, et au maximum de 20% d’Uva rara…

De retour à la cave, nous découvrons avec plaisir les subtilités du cépage Erbaluce vinifié en vin effervescent et déclinés en plusieurs dosages. Silvia nous propose aussi de déguster quelques créations tranquilles en monocépages issus des plants Vespolina et Croatina. Après avoir pris congé de notre charmante hôtesse, nous partons pour une rencontre d’exception chez Christoph Künzli du domaine Le Piane. Parti il y a plus de vingt ans de sa Suisse natale, ce passionné de l’appellation Boca s’est enthousiasmé dans les années 90 pour ce terroir « oublié », au point d’y reprendre l’emblématique petit vignoble du Signore Cerri, et d’y entreprendre, avec un très grand respect, une progressive replantation des cépages locaux.

Vingt ans plus tard, le résultat est là: maintien des ancestrales et extraordinaires techniques de taille – « maggiorina » – et surtout des vins authentiques et de très belles tenues. Une généreuse dégustation sur fûts, suivie de quelques flacons plus matures au cœur du chai, termine de nous convaincre. Le choix de Christoph de procéder à de longues macérations jusqu’à 30, voire 40 jours, nous conforte également dans notre protocole de vinification du Tsampéhro Rouge.

La soirée se termine par un sympathique souper dans la petite ville de Gattinara, à la découverte de la cuisine piemontaise de l’Osteria La Brioska, tout en dégustant une sélection de flacons du terroir calcaire de Ghemme, que Michele a concoctée spécialement pour nous et qu’il nous commente avec son enthousiasme latin. Dur dur les études…

Tsampéhro…au sommet !

Sur les hauteurs de Crans-Montana, la carte du restaurant « Le Mont Blanc » de l’Hôtel LeCrans & Spa***** est signée depuis 2009 par le talentueux chef Pierre Crepaud (« Le Mont Blanc » compte 17 points au Gault & Millau et le Michelin lui a attribué sa première étoile en 2015). Né à Valence en France, Pierre Crépaud a notamment fait ses armes auprès de Michel Chabran, à Pont-de-l’Isère, puis au Chabichou à Courchevel : “Revisiter, réécrire, réinterpréter chaque jour en tentant de saisir et de respecter au mieux le produit – car c’est bien lui la vedette – telle est ma devise ! Elaborer une cuisine d’humeur et d’instinct, sans me fixer une quelconque limite, afin que naisse au final une émotion gourmande, voilà ma cuisine. La nature, les fleurs, les plantes et les repères fondamentaux que sont les bons produits m’inspirent au gré des saisons” nous explique-t-il.

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Mais les compétences de l’homme ne s’arrêtent pas au maniement des casseroles: « accro » à la montagne depuis toujours et passionné d’escalade, Pierre Crepaud s’entraine quotidiennement afin de préparer l’ascension de quelques sommets mythiques des Alpes. Au menu, ce sera en guise d’entrée le Cervin pour 2016, puis le Mont-Blanc comme entre-mets en 2017, et pour terminer l’Eiger en plat de résistance ! Et pour l’accompagner dans ce superbe défi, le Clos de Tsampéhro est résolument de la partie.

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Ainsi, avec une météo idyllique le 13 septembre dernier, et après un « échauffement » la veille au Breithorn (4164m), Pierre réalise l’ascension du fameux Matterhorn (4478m) en compagnie de son guide sédunois Raphaël Richard. Joli clin d’oeil au sommet…et première mission accomplie!

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Escapade bourguignonne: première étape…

Comme chaque année, le quatuor Tsampéhro s’est autorisé au mois de juin un « voyage d’étude » œnologique à la fois technique et…hédoniste. Ces escapades nous permettent de découvrir d’autres savoir-faire dans des régions viticoles de premier plan et de les intégrer…un peu…dans nos pratiques, sans pour autant bouleverser nos solides bases de travail et nos convictions. C’est bien souvent par une série de tout petits détails dans les protocoles viticoles, œnologiques ou même commerciaux qu’on peut encore faire avancer notre quête d’absolu bacchique. Ainsi, après une incursion en terres bordelaises sur la thématique de l’élevage des vins rouges en 2013, et un périple champenois en 2014, nous avons choisi cette année de nous confronter à un des « lieux saints » de la production de vins blancs, à savoir la Bourgogne, au travers d’une sélection de ses plus beaux domaines. Ci-après un compte-rendu, étape par étape et en plusieurs billets, de ce séjour magique:

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 Découverte du vignoble de Bruno Lorenzon à Mercurey 

Etape 1: pour joindre l’utile à l’agréable lors du voyage « aller », nous avons marqué une première pause dans le Mâconnais chez l’une des étoiles montantes de cette partie sud de la Grande Bourgogne : Bruno Lorenzon. Il nous accueille dans son fief de Mercurey, dans le vignoble, où après une courte séance explicative nous prenons immédiatement la mesure de l’originalité de son travail à la vigne, avec notamment une gestion du feuillage qui ne subit pratiquement pas de « rognage » durant la saison et un labourage hyper-minutieux des sols. Nous dégustons ensuite quelques crus du domaine directement sur pièce. Les élevages sont précis, tout est là pour révéler des vins au plus près du terroir et du millésime. Au fil de nos conversation, filtre aussi l’étendue de l’expérience acquise par Bruno tout au long de son passé de consultant oenologique à travers la planète…Belle rencontre.

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Jardin botanique médicinal du Domaine de la Vougeraie

Avant de rejoindre notre lieu de villégiature, nous effectuons encore une halte dans un des plus beaux domaines de la Côte de Nuit à Premeaux Prissey, le Domaine de la Vougeraie. Nous sommes reçus par Pierre Vincent, son régisseur (ancien collègue de promotion d’Emmanuel Charpin), récemment distingué « Meilleur Vinificateur de vin rouge » par l’International Wine Challenge (il était par ailleurs déjà détenteur du titre en 2010 !).

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Le chai du Domaine de la Vougeraie

Pierre nous fait tout d’abord découvrir son jardin de plantes médicinales destinées aux traitement biodynamiques du domaine. Puis, il nous explique que les douelles des barriques utilisées par l’exploitation sont séchées sur place afin d’en contrôler le cycle de maturation…Il nous dirige enfin vers le chai à barrique, dédale de salles et de niches dédiées à l’élevage de grands vins, pour une véritable dégustation de privilégiés…d’autant plus que la cave est loin d’être pleine, fâcheuse conséquence d’une succession de millésimes peu généreux (météo compliquée, grêles, coulures, etc.).

Sur ce dernier point, nous retrouvons quelques similitudes avec notre contexte valaisan…avant de devoir reprendre, conquis, notre chemin jusqu’au Château de Melin à Auxey-Duresse, où nous allons séjourner.

Bourgogne 8Notre demeure durant le séjour : Le Château de Melin à Auxey-Duresses (Famille Dumay-Derats)